(A.P.Hawzah) Dans le livre Al-Kâfî, l’une des sources les plus importantes du chiisme, il est rapporté de l’Imam Ja‘far al-Sâdiq (paix sur lui), au volume 1, page 35 :
مَنْ تَعَلَّمَ الْعِلْمَ وَ عَمِلَ بِهِ وَ عَلَّمَ لِلَّهِ دُعِيَ فِي مَلَكُوتِ السَّمَاوَاتِ عَظِيماً فَقِيلَ تَعَلَّمَ لِلَّهِ وَ عَمِلَ لِلَّهِ وَ عَلَّمَ لِلَّهِ.
Celui qui acquiert la science, la met en pratique et l’enseigne pour Dieu sera appelé grand dans le Royaume des cieux. Il sera dit à son sujet : il a appris pour Dieu, il a agi pour Dieu et il a enseigné pour Dieu.
Ce noble hadith présente trois étapes fondamentales du cheminement spirituel et de l’élévation de l’être humain : apprendre, mettre en pratique et transmettre aux autres.
Nombreux sont ceux qui recherchent la connaissance, mais tous ne mettent pas en œuvre ce qu’ils apprennent. De même, parmi ceux qui agissent conformément à leur savoir, tous ne le transmettent pas aux autres. Dans cette parole, l’Imam al-Sâdiq (paix sur lui) décrit l’homme qui réunit ces trois dimensions et les accomplit avec sincérité, exclusivement pour Dieu.
L’élément central de ce hadith réside dans la répétition de l’expression « pour Dieu » (لِلَّهِ). L’Imam veut ainsi nous enseigner que la véritable valeur de la science ne réside pas uniquement dans l’acquisition du savoir, mais également dans l’intention divine qui accompagne chacune de ses étapes : son apprentissage, sa mise en pratique et son enseignement. En effet, lorsque la science devient un moyen de rechercher la renommée, la supériorité sur autrui ou des intérêts matériels, elle s’éloigne de sa finalité véritable. En revanche, lorsqu’elle est recherchée pour la satisfaction divine, elle se transforme en une lumière qui guide aussi bien celui qui la possède que ceux qui en bénéficient.
Ce hadith montre également qu’une science dépourvue de mise en pratique demeure incomplète. Un savoir qui ne se reflète pas dans le comportement de celui qui le détient ne produit pas d’effet significatif ni sur lui-même ni sur la société. D’un autre côté, l’action qui n’est pas accompagnée de la transmission de l’expérience et du savoir ne peut pas non plus produire des effets étendus et durables. La science réellement féconde est celle qui réunit ces trois dimensions.
La récompense accordée à celui qui accomplit ces étapes est immense. Au point qu’il est qualifié de grand dans le Malakût des cieux, le royaume céleste et invisible. Il est alors dit à son sujet : « Il a appris pour Dieu, il a agi pour Dieu et il a enseigné pour Dieu. » Une telle distinction révèle la grandeur de la récompense que Dieu réserve à celui dont les œuvres sont empreintes d’une sincérité parfaite.
Parfois, la diffusion d’une parole de vérité, l’enseignement d’un conseil bénéfique ou la promotion d’un comportement vertueux constituent des exemples concrets de cet enseignement pour Dieu (ta‘lîm lillâh). Ces actes, même lorsqu’ils paraissent modestes, peuvent laisser des traces durables et produire des effets bénéfiques qui se perpétuent bien au-delà de la vie de celui qui les a accomplis.




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